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Libéralisme et paysage : réflexions sur l’état des paysages français
Christian Carle. Les Editions de la Passion (2003)
Une réflexion sur l’avenir du paysage s’impose et ne peut être dissociée d’un débat sur le type de société et le type de modèle économique souhaitables. Le paysage et l’homme sont, en effet, solidaires …cela signifie qu’on ne peut ni traiter les paysages sans se soucier des intérêts de l’homme qui y vivent ni l’inverse.
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La question du paysage est de savoir dans quel monde les hommes souhaitent vivre. Une chose aussi « abstraite » que la préservation de la beauté et du caractère des paysages vaut-elle la peine qu’on s’y arrête ? Actuellement, la réponse de la société est non. Mais nous avons déjà des signes avant-coureurs : la question de la préservation des paysages français va devenir une affaire publique et un enjeu national.
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Les paysages français - tous les paysages - sont biens publics, et comme tels le public a droit de regard sur ce qu’on fait. Et ils sont l’héritage de l’ensemble de la communauté nationale, incluant ceux qui nous ont précédés et ceux qui viendront, et non pas des seuls français vivants. Lieux de mémoire, ils appartiennent aux ancêtres, qui y ont inscrits, avec leurs savoir-faire, leur conception du monde ; lieux de vie, ils appartiennent à nos enfants, qui doivent aussi pouvoir y vivre un jour. Ce que les peuples dits « arriérés » ont toujours su faire : transmettre le paysage à peu près intact, et en tout cas tel qu’une tradition de culture et de valeurs puisse s’y perpétuer, nous n’en sommes pas exemptés, au prétexte que notre mode de vie actuel étant le meilleur possible, il rendrait caduc le passé et inutile l’avenir. Au contraire, cette désinvolture à l’endroit du patrimoine commun est le signe de la plus profonde barbarie, et, en stigmatisant le paysage, nous nous comportons comme des Huns, des envahisseurs de notre propre territoire.
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Les paysages français, fruits de la collaboration de la nature et des hommes, et ouvragés par eux avec patience et soins, sont des œuvres d’Art, et qu’ils ont droit à la pérennité qui s’attache à toute œuvre d’Art. Honte à la criante sottise de ceux qui admirent les œuvres d’Art dans les musées ou chez eux, et qui laissent massacrer les paysages.
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